Du pigment Pébéo à l’œuvre de Gérard Altmann

Publié le 19 juin à 14:41
Gérard Altmann, Autoportrait, 2003, coll. privée

Gérard Altmann, Autoportrait, 2003, coll. privée

L’industriel du pigment et mécène Pébéo présente l’œuvre de Gérard Altmann, de la cité Falguière à la rue Tournefort, dans un parcours chronologique dès le 22 juillet à l'Espace Pébéo de Gémenos.

 

Arbre et colline

L’exposition associe l’idée de l’industrie à celle de l’art : de la matière première au pigment et du pigment à la couleur.

Comment l’une et l’autre peuvent tracer et empreindre un chemin, trouvant un point d’ancrage commun dans leur humanité, celle qui nomme les hommes, les rapproche, crée des ponts entre le milieu de l’artisanat, de l’industrie et celui de l’art.

 

Contenu de l’exposition

- Environ 50 œuvres, natures mortes, paysages et arborescences de Gérard Altmann

- Collections privées des USINES PEBEO : tableaux, objets de collections, plaques publicitaires, affiches, lettres, photographies. Parcours historique et mode de fabrication des usines PEBEO.

 

Gérard Altmann

Gérard Altmann illustrait la définition que Gleizes donnait de la peinture :

« L’art n’a jamais eu pour fin l’imitation extérieure avec ses multiples conséquences et ses multiples compromis. L’art a toujours été le revêtement plastique d’une valeur spirituelle animant une fraction du tout, et le sera peut-être demain d’une valeur spirituelle universelle. » (Art européen, art américain 1919)

Cette pensée de Gleizes, il la partageait tel un aphorisme avec son ami, collectionneur et mécène Robert Chaveau. Un jeu qui dura plus de 60 années entre le peintre et l’ami, peintre lui-même.

 

Si Robert Chaveau fit le choix de vivre de son regard sur la peinture, non pas de sa peinture, mais de ses pigments, il n’a jamais renoncé au plaisir de s’exprimer sur la toile. Il mit son ingéniosité au service de la peinture, avec tous les hommes qui au sein de son entreprise, ont partagé ses passions, ses changements de cap.

Lucien Herr

Les usines Pébéo – Une histoire familiale

Il faut ici rendre hommage à une lignée, trois générations, qui ont eu un regard, une émotion et qui se sont investis dans un processus de création. Claudius, Robert et son épouse Popy et Eric, sont tous maillons d’une chaîne partant de la matière première : le plomb, « PB », et ont réussi par ingéniosité, savoir-faire, esprit et regards, à la faire contribuer à l’histoire de l’art.

L’usine Pébéo prend petit à petit des dimensions industrielles en devenant l’histoire d’une famille. A partir du plomb fondu et oxydé –pbO-, le pigment qui charge la peinture en couleurs sollicite le monde de l’art, traduit la chimie en alchimie d’une rencontre.

 

GERARD ALTMANN (Paris 1923-Paris 2012) - Parcours du peintre, originalité de l’œuvre

Gérard Altmann venu d’Odessa, répertorié parmi les peintres juifs de l’Ecole de Paris, fréquenta La RUCHE avec CHAGALL, SOUTINE.

Dès l’âge de 14 ans, il s’inscrit au cours du soir de peinture de Monsieur Auclair. Il est dès son plus jeune âge entouré de peinture et se sent porteur d’une histoire. Il fréquente le Dôme et la Grande Chaumière, où il y fait des rencontres : Kikoïne, Yankel, Giacometti.

Dans les années de guerre, il se lie d’amitié   avec Marcel Marceau qui occupe un atelier voisin. Un moment ils sont inséparables, c’est l’époque où Altmann dessine des clowns, prenant Marceau comme modèle.

Il rencontre tout un milieu d’artistes et de théâtre. Il vit en faisant des théâtres de marionnettes et les décors de théâtre des pièces de Dubillard montées par Gilles de Ré.

Son quartier, ses habitants deviennent modèles. Il en fait une galerie de portraits bohèmes, des autoportraits déguisés.

Connivence de l’artiste avec ce qu’il transforme, il aime le mouvement ; sa touche d’abord sombre devient davantage trait, écriture et nuance. Parti vers la Provence pour y rencontrer Cézanne, il y trouve Altmann et revient à Paris.

Très vite et grâce à ses rencontres, il ne fait plus que de la peinture et s’éloigne de toute influence.

Pébéo sera à ses côtés en toutes circonstances, mosaïques, pour les murs de l’usine, paysage industriel, port de Marseille.

 

Artichauts