Transformer le monde selon Miro
Comprendre la peinture de Miro (1893-1983) est avant tout un exercice de simplicité et de liberté. Un exercice où prédomine le laisser-aller de soi et de son imagination à partir de tout ce que l’on voit, ressent et associe.
En somme, il faut d’abord ne rien faire et tout laisser s’engendrer. Miro dit qu’il travaille comme un jardinier ou un vigneron. Ses images et son vocabulaire de formes naissent et grandissent dans la peinture. Ainsi une forme, qui n’a pas été décidée au préalable, suggère, fait naître le signe d’un oiseau, d’une femme, d’une plante. Il dit en cela suivre Matisse, se laisser guider par la main. Les éléments, la ligne ou la tâche de couleur germent et se transforment. Exemple : d’un tas de fumier naît une fleur. “Un petit fil qui se détache de la toile, une goutte d’eau qui tombe, un grain de poussière ou un éclat de lumière déclenchent un monde”.
Il parvient à créer un univers en devenir permanent où s’imprègne tout ce qui l’entoure. Comme un rituel en écho à sa jeunesse où faute de manger à sa faim il subissait hallucinations et éblouissements qui ont peu à peu créé associations naturelles et insolites. “Je ne peignais pas ce que je voyais en rêve, mais ce que la faim produisait : Ces états de transe permettent la transition, la transformation. Plus tard, il pratiquera le jeûne “pour mieux voir”, avant de comparer ses pratiques à celles d’un tireur à l’arc japonais : concentration, tension, relâchement et abandon.





