Robert COMBAS et les nouvelles couleurs

Robert Combas ©archives Robert Combas

Dès son entrée aux beaux-arts et à l'univers de la peinture artistique en 1977, Robert COMBAS se fait remarquer par son esthétique originale et novatrice. A l’âge de 22 ans, il invente le mouvement pictural "La figuration libre". Depuis plus de 30 ans maintenant, ce créateur frénétique n’a de cesse d’expérimenter de nouveaux moyens techniques, d’aborder d’innombrables sujets et d’hybrider les supports, pour donner naissance à une œuvre aussi dense que volumineuse. Robert Combas, artiste fécond par excellence, livre pour Pébéo son rapport personnel à la couleur dans son œuvre : un univers rempli de symboles et un langage à lui tout seul.

Vu le grand nombre de couleurs présentes dans vos œuvres, aimez-vous une couleur en particulier ?

Robert Combas : J’aime toutes les couleurs ! Et je considère le noir et le blanc comme des couleurs à part entière. L’important pour moi réside dans la manière de la montrer. Il y a d’une part, les couleurs de la nature et d’autre part, les couleurs de la peinture, des produits qu’on utilise.

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Quel est votre rapport à la couleur ? Quelle distinction faites-vous entre la couleur chromatique et la couleur palpable, la peinture et sa matière ?

Robert Combas : Découvrir les nouvelles couleurs inventées par les fabricants fait partie intégrante de mon activité de créateur. Je suis friand des innovations et les produits des loisirs créatifs offrent à l’artiste que je suis de nouvelles possibilités, de nouveaux champs à explorer. J’expérimente toutes sortes d’effets selon les supports utilisés. J’aime aussi les détourner de leur utilisation première, mais le détournement n’est pas un but en soi.

Qu’appréciez-vous dans ces produits ?

Robert Combas : C’est dans mon atelier rue Quincampoix, que j’ai découvert les peintures vitrail et peintures sur tissu. Ce sont des gammes qui proposent un large choix de couleurs… j’ai choisi comme support le papier puis j’ai redessiné en matière sur une vitre. La marque était américaine et proposait des peintures à paillettes. J’en ai parlé à Pébéo, un fabricant qui sait toujours répondre présent. Il faut dire que selon la dimension du tableau, je peux utiliser facilement une centaine de tubes.

Aujourd’hui, quel produit appréciez-vous particulièrement ?

Robert Combas : La peinture Dyna est fascinante à utiliser. J’aime les couleurs métallisées et ses brillances qui réagissent différemment à la lumière et selon les supports.

Comment vous positionnez-vous en termes de rapport à la couleur dans le milieu de l’art contemporain ?

Robert Combas : Il est très important, pour nous artistes, que les fabricants comme Pébéo innovent en matière de peinture. Aujourd’hui, le milieu de l’art contemporain n’est plus représenté par la peinture. Les artistes peintres, en minorité, sont considérés comme trop traditionnels. Pour ma part, j’ai toujours utilisé des produits ayant les qualités de l’acrylique : séchage rapide, peu d’odeurs, possibilité de créer des effets…

C’est là que vous utilisez la couleur comme matière ? Avec les coulures notamment…

Robert Combas : Oui, j’ai besoin de travailler sur plusieurs degrés. Les coulures sont pour moi une manière d’ajouter un aspect dramatique à mes œuvres, de me dégager de mon côté trop illustratif ou graphique par ce travail sur la couleur. C’est une façon de travailler des styles divers. J’entoure souvent les coulures de noir. A un moment, celles-ci ont été par exemple un moyen de représenter les rideaux en plastique qu’on trouve en été dans le Sud de la France.

Quelle est la symbolique de la couleur et de la peinture dans vos pinceaux-peints, symbole-même de la couleur, puisque c’est l’outil qui l’applique et la révèle ?

Robert Combas : Les pinceaux peints sont comme des sculptures, ils ont un rapport étroit avec l’art brut, primitif, qui se différencie de l’art naïf qui croit faire joli en déformant. Lorsque j’ai créé ces sculptures, comme de petits personnages chaque fois réinventés, j’ai voulu évoquer le côté "gaspilleur" de couleur et de pinceaux que sont les artistes qui parfois aussi ne respectent pas leur outil de travail. C’est pour moi un moyen de rédemption dans l’idée aussi de récupération ou de redonner de la valeur à un objet noble que l’on a maltraité et détruit. Et dans cette symbolique religieuse, ces petits personnages se métamorphosent en crucifix… le symbole du crucifix que l’on accroche au-dessus du lit avec leurs ailes déployées comme des oiseaux… C’est durant leur exposition dans l’Abbaye de Sylvacane que leur dimension symbolique a été vraiment atteinte, c’était magnifique.

Le cerne noir est très présent dans votre œuvre. Comme pour révéler ou réhausser la couleur… Pourquoi est-il si présent ?

Robert Combas : Je lutte pour sortir de ce schéma, mais tout me fait revenir à ce trait noir : j’en suis prisonnier. Pourquoi ? C’est inexplicable. Dans mes travaux techniques, je m’attache à diversifier mon style pour me prouver que je ne suis pas enfermé dans un style particulier. Il faut que je survive à cela. C’est un trait subi qui fait partie de moi et qui traduit une ambivalence entre le trait et la chose peinte. Comme j’aime visiter les mots en les trifouillants, je "trifouille" les styles et les couleurs. J’aime laisser des traces et des dégoulinures dans ma couleur. Je n’aime pas les effets trop propres, uniformes et lisses. Je préfère par exemple la technique des couleurs jetées, plus spontanées.

Aujourd’hui, de quelle manière abordez-vous la couleur ?

Robert Combas : Dans mes expositions, j’ai travaillé autrement :  Je pars d’un même dessin et je le travaille avec des techniques différentes comme le collage par exemple. Comme dans ce que j’appelle les tableaux séquence, la peinture et ses couleurs me permettent de créer des choses, des effets et des degrés plus ou moins humoristiques ou dramatiques. Pour moi, le symbole dans la couleur est partout, il est un langage à lui tout seul.

SA DERNIERE EXPOSITION

se tient à Lyon, GREATEST HITS, jusqu'au 15 juillet 2012 au MAC, LYON 

Dans cette exposition, "Greatest Hists" nous livre un show orchestré. 3000 m² d'exposition sur trois étages pour accueillir plus de 600 oeuvres. L'époque d'un Combas dans lequel le peintre décline tous tous les thèmes abordés : la religion, le sexe, les grandes batailles, les fleurs, les gangsters, les femmes et la musique rock. La guitare et le pinceau ne font qu'un !

Site Web : 
http://www.combas.com/

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